Miroir ou glace ancienne ?

Miroir et glace ancienne sont parfois confondus. Le miroir désigne l’objet constitué d’une glace et de son encadrement. Le terme de glace ne s’applique qu’à la surface réfléchissante.

Apparu en Mésopotamie dans l’Antiquité, le miroir était fabriqué en métal poli, argent, bronze voire or, et sa surface était légèrement convexe. Dès le début de notre ère, une plaque de verre, superposée au métal, permet d’en accroître le pouvoir réfléchissant. Au Moyen-Age et à la Renaissance, le miroir est en étain et ses dimensions atteignent au maximum quarante centimètres. Venise se spécialise dans la fabrication des glaces dès la fin du Moyen-Age et acquiert une situation de quasi monopole. Leur savoir-faire permet aux verriers vénitiens d’obtenir un verre très pur qui est appliqué sur une plaque de métal. Cette technique ne permet cependant pas d’obtenir de grandes glaces. Au XVIIe siècle, Colbert crée la manufacture royale des glaces. Jouissant d’un monopole, la manufacture produit des glaces qui sont coulées à plat et d’une taille supérieure aux glaces vénitiennes. La plaque de verre est recouverte d’un alliage d’étain et de mercure à l’origine de la désignation de glace ancienne comme une glace “au mercure”. Le métal est ensuite poli. Ce procédé se perpétuera jusqu’au premier tiers du XIXe siècle. Des améliorations techniques permettront peu à peu d’accroître la surface des glaces. Sous l’Ancien Régime, les menuisiers mettent en valeur la glace ancienne dans des encadrements propres à chaque style.

Suite Le miroir sous Louis XIII et Louis XIV

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