Meuble de port : le triomphe de l’acajou

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L’acajou est l’essence privilégiée par les ébénistes de Saint-Malo, Nantes, La Rochelle ou Bordeaux.

L’acajou est sans doute le point commun au meuble de port qui fut fabriqué dans les grands ports français dans des styles très différents. De Saint-Malo à Bordeaux, les ébénistes mettent leur art au service d’une bourgeoisie qui s’enrichit grâce au commerce et créent des meubles originaux.

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Le gaiac est une essence exotique parfois utilisée par les ébénistes.

Dès le XVIIe siècle, les grands ports français se tournent de plus en plus vers le commerce avec les îles. Le commerce triangulaire fait la richesse des grands ports de la façade atlantique : Saint-Malo, Nantes, La Rochelle et Bordeaux. Une bourgeoisie tirant ses revenus de l’armement des bateaux et du négoce voient le jour. Elle se fait bâtir des hôtels particuliers dans les villes et parfois des manoirs dans les environs où s’épanouit le meuble de port.
Cette production originale conserve des particularités locales tout en étant sensible aux modes venues de la capitale. Elle est fabriquée par les ébénistes, dont les corporations, embryonnaires au XVIIe siècle, se développent tout au long du XVIIIe siècle.
La singularité du meuble de port est l’emploi majoritaire de bois exotiques importés d’outre-atlantique dont le plus fameux est l’acajou. Les ébénistes des ports travaillent souvent le bois massif. Le meuble en acajou se pare de différentes nuances : il peut être flammé ou moucheté ce qui confère une grande originalité à certaines créations. Si l’acajou est sans doute l’essence la plus utilisée, on rencontre également du palissandre, du gaiac ou des bois clairs comme le citronnier. Les ébénistes des ports seront les premiers à utiliser ces nouvelles essences, bien avant leurs confrères parisiens : le meuble en acajou parisien est en placage et non massif.
Chaque ville crée un répertoire décoratif différent, inspiré des styles parisiens ou de la Hollande et décline commodes, armoires, etc en acajou ou parfois en chêne ou en noyer. Le décor peut privilégier la mouluration et la sculpture et est enrichi par des bronzes qui ne copient pas les modèles parisiens et sont souvent originaux.

Suite Le meuble malouin

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